Le blog de toute l'actualité sur la jeune créatrice: TriUne. Créatrice textile: maille. Fashion designer, Styliste vêtements, accessoires et bijoux... Création de pièces sur mesure, uniques et séries limitées...
"On les croyait réservées aux pandas qui s'en régalent depuis des lustres. Voilà que les pousses de bambou éveillent aussi l'appétit des tisseurs européens. Du tee-shirt aux socquettes en passant par la couche-culotte recyclable, elles s'immiscent sans crier gare dans notre quotidien.
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Matière végétale comme le coton ou le lin, le bambou a, pour lui, quelques atouts supplémentaires. Cette graminée est prolifique (elle peut pousser de 1 mètre par jour). Sa fibre, tirée d'une pâte cellulosique, se caractérise par son plombant et un aspect doux et luisant, comme de la soie. Surtout, elle a des vertus respirantes, antibactériennes, anti-UV, et est infroissable. Gérard Cirouge, patron des Tissages de l'aigle, à Biviers (38), en a fait son cheval de bataille pour l'été. "Nous nous sommes rués sur le bambou il y a deux ans, très contents de trouver une fibre naturelle pour élargir notre collection", raconte ce spécialiste des tissus pour le sport et les loisirs. "Nos premiers essais étaient décevants : le produit avait une mauvaise stabilité, il était fripé après lavage." Cette année, l'entreprise est très fière de son résultat. Son bambou, tricoté avec un mélange de polyamide, est doux, satiné, et rend la couleur éclatante.
Ce fabricant fait partie de la centaine d'exposants qui présentaient des produits à base de bambou sur Première Vision, le premier Salon mondial des tissus d'habillement, en février dernier, à Paris. Une matière première renouvelable et pas plus chère que le coton, un textile poids plume et frais pour la belle saison : le bambou est une aubaine pour nombre de tisseurs, tentés de délaisser les synthétiques dérivés du pétrole pour des produits qui fleurent bon la nature.
DE LA PÂTE DE BOIS
"Autrefois, les textiles "écologiquement corrects"étaient beige et un peu raides, explique Guido Voss, associé du créateur Gaspard Yurkievich. "Aujourd'hui, leur force, c'est d'avoir l'apparence d'un tissu anodin et d'être, en plus, bons pour la planète." Cette jeune marque indépendante n'en est pas à son coup d'essai : Gaspard Yurkievich utilise aussi de la pâte de bois (le lyocel chez Tencel) et un polymère issu du maïs (Ingeo, de l'américain NatureWorks). Les fibres naturelles, biodégradables et fabriquées sans trop de pollution, ont le vent en poupe. Comme le coton biologique, le chanvre, mais aussi l'algue. "La tendance est irréversible", estime Evelyne Spilet, créatrice de la société Spilan, la première à avoir glissé le bambou dans les Caddie de supermarché, sous la forme de petits pulls et tee-shirts colorés.
" Les Français ont envie de consommer de façon plus subtile. En achetant des biofibres, ils se font plaisir deux fois, par un produit mode et un geste pour le développement durable", ajoute cette femme dynamique, qui a investi, du 20 mars au 20 avril, 1 million d'euros pour faire la publicité, à la télévision, de son tissu unique.
Les doigts de fée, adeptes de loisirs créatifs, pourront aussi se targuer d'avoir la fibre végétale. Ce printemps, le "Bamboolo" est arrivé dans toutes les merceries de France. Il s'agit d'un fil aux coloris tendres, à transformer en accessoire pour la maison, pull tendance ou étole pour les soirs d'été. Du 70 % bambou et... 100 % zen. "
Véronique Lorelle (c) Le Monde - mai 2006